Les produits laitiers : le discernement avant tout

Bons ou mauvais pour la santé ? La réponse n’est pas catégorique.

Tout dépend du produit, du métabolisme, du mode de vie et de la quantité consommée.

Lait, yogourt, kéfir, fromage, beurre, crème… Les produits laitiers font partie de notre alimentation depuis des générations. Pourtant, ils ne sont ni identiques sur le plan nutritionnel, ni toujours tolérés de la même façon.

1- Comprendre leur structure

Les produits laitiers contiennent trois grandes familles de nutriments : les glucides, les protéines et les lipides.

Le lactose est le principal sucre naturel. Les protéines comprennent notamment les caséines (αs1-, αs2-, β- et κ-caséines) et les protéines du lactosérum. Les lipides contiennent des proportions variables d'acides gras saturés et insaturés.

Le lait maternel présente une composition différente de celle du lait de vache : il contient généralement davantage de lactose, proportionnellement moins de protéines et un profil de protéines et de lipides adapté aux besoins du nourrisson.

Même famille alimentaire, mais une biochimie différente !

2- Tous les produits laitiers ne se valent pas

Du lait au yogourt, du kéfir aux fromages frais et affinés, chaque transformation modifie certaines caractéristiques du produit.

La fermentation transforme une partie du lactose. L'affinage modifie la structure et la composition du fromage. Le beurre et la crème sont principalement des sources de matières grasses.

Et puis, il y a les produits ultra transformés ! Le « Cheese Whiz » ou des tranches de « fromage » qui ressemblent à du plastique ne sont pas, à mon sens, des produits laitiers. Ce sont des produits ultra transformés. Point !

3- Le lactose : une question enzymatique 

Pour digérer le lactose, notre intestin a besoin d'une enzyme : la lactase.

Lorsque son activité est insuffisante, le lactose mal digéré peut provoquer des ballonnements, des gaz, des douleurs abdominales ou de la diarrhée.

4- Les protéines du lait : allergie ou intolérance

Certaines personnes peuvent présenter une allergie aux protéines du lait qui implique une réaction immunitaire.

Cette allergie peut être immédiate, médiée par les anticorps IgE, ou retardée, par des mécanismes immunitaires qui ne font pas intervenir ces anticorps.

La Société canadienne de pédiatrie reconnaît notamment ces formes d'allergie non médiées par les IgE, qui peuvent impliquer des mécanismes immunitaires cellulaires. Un résultat négatif aux tests IgE ne suffit donc pas à exclure toutes les formes d'allergie aux protéines du lait.

Les manifestations peuvent être digestives, cutanées ou respiratoires, selon le mécanisme et la personne.

D'autres personnes rapportent des symptômes après la consommation de produits laitiers sans qu'une allergie soit démontrée.

Il est donc essentiel de distinguer l'allergie aux protéines du lait, l'intolérance au lactose et les autres réactions digestives.

Même symptôme ne signifie pas nécessairement même mécanisme.

5- la tolérance est individuelle 

Une composition nutritionnelle théoriquement intéressante ne permet donc pas, à elle seule, de prédire toute la réponse physiologique à un aliment. Un produit qui contient des protéines et du calcium ne signifie pas nécessairement que c'est un bon choix pour tous.

Génétique, métabolisme, activité enzymatique, microbiote, état digestif, allergies, quantité consommée, habitudes alimentaires et mode de vie… Plusieurs facteurs peuvent influencer notre réponse aux produits laitiers.

Un aliment bénéfique ou bien toléré par une personne peut occasionner des inconforts chez une autre.

6- Et si vous preniez le temps d'observer 

Si vous soupçonnez que les produits laitiers contribuent à des inconforts, une période d'éviction structurée, suivie d'une réintroduction progressive lorsqu'elle est sécuritaire, peut vous aider à mieux comprendre votre tolérance.

Une période de six semaines peut parfois être envisagée selon le contexte, mais elle n'est pas nécessaire ni appropriée pour toutes les situations.

Pendant la période d'éviction, prenez le temps d'observer :

  • La digestion et le confort intestinal
  • Les douleurs et les inconforts physiques
  • L'état de la peau
  • La qualité du sommeil
  • Le niveau d'énergie
  • La concentration

Notez vos observations, sans chercher à tout classer en noir ou blanc. Relevez plutôt les tendances, en gardant à l’esprit que l’ensemble de votre alimentation, votre mode de vie et d’autres facteurs peuvent également influencer votre état.

En cas de suspicion d’allergie ou d’inconforts majeurs, demandez conseil à un professionnel de la santé

Écoutons notre corps, apprenons à le comprendre

Il ne s'agit pas de diaboliser les produits laitiers, ni de les considérer comme indispensables.

Il s'agit décoder et de reconnaître nos besoins et de faire des choix éclairés alignés avec notre corps, notre cœur et notre vision de la santé.

Que souhaitons-nous ? Offrir des aliments qui contribuent à notre santé ou des produits qui nuisent à notre bien-être ?

À nous de choisir…

Imane

Accompagnement, conférences et formations

Santé Globale | Nutrition | Puissance des petits pas

Pour plus d’inspiration, de connaissances et d’outils pour prendre soin de vous et de votre santé, découvrez mes livres

Laissez un commentaire